Rendre votre discours naturel

Pourquoi ?

Vous arrivez préparé. Vous avez préparé tous vos blocs de 3 minutes, votre discours est structuré. Il est donc probable que vous apparaissiez comme préparé. Or, le jury a horreur de cela ! Il veut des candidats spontanés, vifs et surtout qui ne récitent pas. La préparation va assurer la qualité de votre entretien, donc c’est bon de ce côté-là ; le naturel va, lui, assurer la qualité de votre relation avec le jury. Tout aussi essentielle.

Votre rôle n’est pas naturel. L’entretien n’est pas un exercice naturel. Il est probable que, même en étant naturel, vous ne le soyez pas car le stress va prendre le dessus. Il va donc falloir faire du naturel « artificiel », construire du naturel. Eh oui, le naturel se construit ; il n’est pas si naturel que vous le pensez.

Comment ?

Opérez une transition entre ce que vous avez préparé et la réponse que vous allez faire

Le fait que vous ayez préparé impeccablement votre entretien fait que vous avez sans doute réponse à toutes ou presque toutes les questions du jury. C’est un bon point. Mieux, vous savez comment vous allez y répondre puisque vous avez structuré votre propos. C’est nickel.

Mais attention ! Ce n’est pas parce que vous avez réponse à tout, que votre réponse est structurée dans votre tête que vous devez recracher tout, tel que c’est dans votre cerveau.

Dit autrement, tout ce que vous aurez préparé, c’est votre assurance-entretien. Lorsqu’on vous pose une question, vous savez d’emblée ce que vous allez pouvoir répondre. C’est rassurant. Il faut juste penser à ajouter une étape : un filtre « naturel » qui va faire que votre propos aura beau avoir été préparé, il ne sera pas perçu comme tel.

NON : Réponse dans votre tête —– Réponse au jury

OUI : Réponse dans votre tête —– Filtre « naturel » —— Réponse au jury

Exemple

L’exemple le plus flagrant vient sur la question « Présentez-vous !». Réponse : « Je m’appelle Edith Margot, j’ai 21 ans. Il y a 3 points qui me caractérisent […] »

Il faut distinguer :

Ce que vous avez préparé : vous avez préparé une démonstration en 3 points. Cela vous aide d’ailleurs car vous les avez bien en tête. Quand le jury vous demande de vous présenter, votre mémoire vous dicte ces 3 points. Mais si vous les sortez tels quels, le jury va vous voir réciter quelque chose d’appris ; et même si ce n’est pas récité, il va sentir la chose trop préparée. Le chiffre 3 vous trahit car si votre propos avait été spontané, ce chiffre ne serait pas venu si vite, sans hésitation.

Ce que vous allez dire : votre mémoire vous dicte les 3 points. C’est parfait, vous savez que vous avez 3 points à placer ; vous allez juste éviter de placer ce chiffre « 3 » « Je m’appelle Margot, j’ai 21 ans. Si je devais mettre en avant ce qui me caractérise le plus, je dirais que d’abord… ».

Deux changements qui marquent un propos plus conforme à quelqu’un qui réfléchit spontanément : le conditionnel qui montre un cheminement ; l’absence du chiffre 3. Cela ne vous empêchera pas de faire vos 3 points, mais ils seront juste dans votre tête.

C’est encore plus vrai lorsqu’on vous pose une question originale, inattendue. Normalement, l’agilité vous permet de placer un point-clé de votre CV quand même. Mais le jury ne s’attend pas à ce que vous ayez une réponse aussi rapidement car la question se veut un peu déstabilisante.

Exemple :

Si on vous dit « Faites-nous rire ! ».

Mauvaise réponse : immédiatement, en une demi-seconde : « J’adore jouer des rôles de femme au théâtre ! ».

Bonne réponse : vous avez repéré que vous allez parler du théâtre en une demi-seconde, mais allez prendre le temps pour faire croire à une réponse spontanée. Prenez quelques secondes de réflexion, faites se balader vos yeux vers le plafond, prenez la posture du penseur… ce que vous voulez, mais montrez que vous réfléchissez et après placez votre réponse.

Jouez le jeu de l’entretien car vous êtes en sécurité

La préparation vous donne 1. La sérénité 2. Tous les outils pour « vous éclater » dans votre entretien quelles que soient les questions posées. Cela peut vous paraître étrange mais c’est bien la préparation de votre entretien qui va vous permettre d’être spontané et naturel. Car vous avez entre les mains un couteau suisse, vos blocs de 3 minutes, qui vont vous permettre de répondre à presque toutes les questions.

Si vous êtes préparé, vous ne craignez rien. Donc ne vous vous sentez pas prisonnier de cette préparation. Vous avez un filet gigantesque qui vous permet de rire avec le jury, d’avoir des moments de réflexion, de digression… Vous retomberez toujours sur un élément que vous avez préparé.

Petite parenthèse : le jury apprécie quand vous riez, quand vous êtes ferme sur une prise de position… montrez vos émotions. C’est une belle marque de sérénité. Ne vous retenez surtout pas. Et ne vous posez surtout pas la question : « est-ce bien le moment de rire, de me mettre en colère… ? ». Ne vous posez pas cette question. Vous êtes en sécurité.

Entraînez-vous, exagérément

La phase d’entraînement est essentielle car elle va permettre de :

Rendre votre propos plus fluide et donc moins récité ;

Tester des postures, des façons de parler. Amusez-vous à mettre votre discours en scène, à créer des situations difficiles. Sur-jouez ces situations ! Rajoutez-en : offusquez-vous, riez aux éclats, prenez une posture de doute… vous ne ferez jamais cela le jour J ; mais cela a le mérite assez considérable de vous désinhiber lors de l’entraînement, de vous amuser, de sortir du corset de votre préparation.

Faites-vous metteur en scène

La formule vous fait peut-être sourire mais elle est sérieuse. Et inutile de vous dire « Mais je suis en train de jouer un rôle, ce n’est pas bien ! ». Oui, vous jouez un rôle, oui, c’est une forme théâtrale, autant que vous l’assumiez tout de suite. On ne vous demande pas de vous la jouer Comedia del arte, juste de prendre votre rôle suffisamment au sérieux pour aller jusqu’au bout de l’exercice, c’est-à-dire la mise en scène qui va permettre une expression spontanée.

Deux éléments vous empêchent d’être spontanés : votre préparation et la situation d’entretien, plutôt intimidante. Alors, il va falloir ajouter des mises en scènes. Voici les plus fréquentes :

Prendre des moments de réflexion

Ne vous précipitez pas dans vos réponses, même si vous savez quoi répondre. Surtout pour les questions de réflexion, les questions tordues. Faites semblant de réfléchir. Accompagnez ces moments de gestes : regard baladeur qui montre que vous réfléchissez, mains posées sur le visage, mains en prière…

Créer de l’hésitation

Ce maudit « euh » qui pollue vos entretiens est aussi un fidèle allié. Vous avez beau connaître votre discours, le placement de quelques « euh » donne l’impression que vous cherchez vos mots.

– Doubler ou tripler les mots

Reprenons l’exemple de la présentation : « Présentez-vous !».

Mauvaise réponse : « Je m’appelle Edith Margot, j’ai 21 ans. Il y a 3 points qui me caractérisent […] »

Réponse proposée plus haut : « Je m’appelle Margot, j’ai 21 ans. Si je devais mettre en avant ce qui me caractérise le plus, je dirais que d’abord… ».

Réponse avec mise en scène : « Je m’appelle Margot, j’ai 21 ans. Si je devais mettre en avant ce qui me caractérise le plus, ce qui est le plus révélateur de ma personnalité, je dirais que d’abord… ».

La partie soulignée double le message déjà compris « ce qui me caractérise le plus ». Vous montrez ici que vous cherchez la bonne formule et donc que votre propos n’est pas appris.

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