La place des mains

Pourquoi s’intéresser aux mains ?

Elles sont là. Eh oui, que vous vouliez faire quelque chose ou pas avec vos mains, elles sont là, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Vous êtes donc obligé de faire avec !

Elles sont un véhicule. Vos mains peuvent communiquer beaucoup de choses sur vous, comme le regard. Elles peuvent révéler aussi bien votre stress, que votre rigidité ou votre ouverture, votre disponibilité. Que vous vous en préoccupiez ou non, elles agissent donc.

Elles sont un outil intéressant. Vos mains peuvent être un outil pertinent dans l’entretien ; vous pouvez les utiliser pour mettre en forme votre discours. Elles viennent ainsi en complément de l’intonation.

Comment ?

La posture de base

Attention, je vais vous donner ici quelques conseils que vous pourrez juger un peu formels. Mais parmi vous certains n’ont vraiment aucune idée de ce qu’est une posture en entretien. Alors prenez ces conseils comme des éléments de base et évidemment prenez de la liberté avec. Loin de moi l’idée de vous transformer tous en Nadine de Rotschild ! Il faut avant tout que votre posture soit naturelle et cela vaut pour les mains.

  • La position standard veut que vos bras soient posés sur la table, vers l’avant, formant avec votre buste une sorte de triangle non fermé en son sommet. Pour être exact, quelque chose entre le triangle et un carré dont il manquerait le côté du haut. Dit encore autrement, les bras font un angle intérieur d’environ 70 degrés, laissant au sommet, un espace d’environ 15-20 centimètres entre les mains. Certains me prennent alors pour un fou ; ceux-là, fermez les yeux et dites-vous vraiment que d’autres parmi vous ont besoin de ces représentations.
  • Revenons à Nadine : les coudes sont normalement à l’extérieur de la table, ils ne sont pas posés. Voilà, comme à table ! Seuls les avant-bras sont posés.

Evolution de la posture de base

Au cours de l’entretien, essayez de maintenir à peu près cette posture. Disons qu’elle est votre posture par défaut et quand vous appuyez sur ‘reset’, vos mains retrouvent cette position. Faire ‘reset’ signifie que dans l’entretien vous remarquerez qu’à certains moments vous vous écartez notablement de cette posture moyenne (vos mains partent sous la table, vous les agitez de trop…) ; quand vous le constaterez, vous reviendrez en posture standard.

  • A partir de cette posture standard, vous allez pouvoir :
    • Bouger vos mains, en gardant à peu près l’avant-bras à 70 degrés (et me revoilà reparti !);
    • Entrecroiser, faire se chevaucher vos mains;
    • Mettre vos coudes sur la table et remonter vos avant-bras à la verticale en croisant vos mains (posture de réflexion);
    • Bouger vos mains toujours avec des mouvements plutôt lents et francs, nets plutôt que de petites gesticulations hésitantes.
  • Ce que vous devez éviter
    • Vous tourner les pouces (si, si, ça existe !) ; vous montreriez un manque d’implication;
    • Vous faire les ongles, idem;
    • Vous astiquer les doigts ; le stress se ferait trop sentir;
    • Croiser de façon permanente vos mains, voire les sceller ;vous pourriez apparaître fermé, rigide, replié sur vous-même.
    • Porter vos mains au visage ou sur votre corps (sauf pour vous gratter ; mais attention au grattage compulsif). Le stress génère chez certains des attouchements permanents : c’est l’oreille dont on caresse le lob,  c’est le passage dans les cheveux, certaines, se croyant l’égérie d’une marque de shampoing se caressent la mèche toutes les 30 secondes.
    • Jouer avec un objet, qu’il soit porté ou apporté : bagues, boucles d’oreilles, bracelet, crayon, feuille. D’ailleurs, faisons le point sur ces deux derniers éléments. Hormis le cas où votre entretien est précédé d’un exposé ou d’une épreuve nécessitant papier et crayon, ne venez jamais avec ces deux objets. Surtout pas avec un crayon. Si vous avez eu un exposé à réaliser avant, dès que cette partie est terminée, empressez-vous de mettre de côté voire de ranger votre matériel. La raison ? Vous allez jouer avec. C’est quasi-systématique. Et vous aurez beau être convaincu que vous allez y faire attention, c’est automatique, dès qu’une situation de stress se présente, vous allez chercher votre crayon et jouer avec. Mettez votre crayon hors d’atteinte car même un peu éloigné, vous irez le chercher. C’est quasi-systématique et inconscient.
    • Agiter vos mains dans tous les sens. Vos mains animent l’échange mais ne doivent pas concentrer toute l’attention du jury. Vous montreriez un manque de sérénité.
    • Mettre vos mains sous la table. En situation de stress ou d’abandon, vous avez tendance à cacher vos mains sous la table, à les coller à vos cuisses. C’est très mauvais. Si cela vous arrive malgré vous, appuyez sur ‘reset’ !

Utiliser ses mains

Dans les parties précédentes, nous avons évoqué la posture par défaut des mains, le standard. Les mains peuvent, au delà de ce « minimum vital », être un vrai outil appuyant votre discours. N’hésitez pas à les utiliser, avec modération, pour :

  • Structurer votre propos

N’oubliez jamais qu’à l’oral vous devez, comme vous le faites à l’écrit en soulignant, en faisant des alinéas ou en passant une ligne, structurer votre propos. Celui-ci a beau être structuré dans votre tête, le jury n’accédant pas directement à votre boîte crânienne, il faut qu’il ressorte structuré, que le jury le perçoive structuré. Imaginons que vous ayez une argumentation à faire en 3 points. Vous pouvez utiliser le pouce d’une main pour bien marquer le premier point, deux doigts pour annoncer le deuxième point et trois doigts pour le troisième. Si vous le faîtes, assumez-le ! Ne faites pas un truc mou comme on peut le voir parfois de la part de candidats qui n’assument pas ces gestes jugés audacieux. Restez modéré toutefois, il ne s’agit pas d’adopter une posture professorale.

  • Adopter une posture de réflexion

Les mains mises en prière, devant le visage, vous met en posture de réflexion qui peut être intéressante sur une question d’analyse ou lorsque vous écouter longuement un membre de jury.

  • Marquer des moments forts

Vos mains, par des mouvements plus amples ou plus brutaux, peuvent marquer des mots, des concepts, des passages plus importants que d’autres.

  • Illustrer

Enfin et surtout vos mains peuvent être un moyen de représenter vos propos. Vos mains ne sont pas bornées à reproduire toujours le même geste. N’hésitez pas à les utiliser pour illustrer votre propos. Exemple :

  • Vous dessinez un cercle : cela peut signifier encercler, regrouper, un ensemble, un groupe, un espace…
  • De vos deux mains, vous faites comme si vous encercliez une grosse pierre sans réussir à en faire le tour : cela peut signifier massif, important, global, impressionnant.

Entraînez-vous !

Que vous utilisiez trop vos mains ou pas assez, vous avez besoin d’entraînement.

Faites des sessions de discours sur des points-clés de votre CV, que vous connaissez parfaitement sur le fond, en vous concentrant uniquement sur les mains (ne pensez qu’aux mains). Essayez sur un point-clé de 3 minutes d’avoir un usage modéré de vos mains, standard (comme défini au-dessus) et par quelques occasions, de les utiliser plus nettement. Attention, cette partie sur les mains, dans laquelle j’ai tout décortiqué, ne doit pas faire oublier que l’usage des mains doit être discret, sobre dans son ensemble.

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