Le pouvoir

Les questions autour du pouvoir peuvent être :

« Vous recherchez le pouvoir ? »

« Vous êtes un homme/une femme de pouvoir ? »

« Qu’est-ce que vous pensez du pouvoir ? »

« Imaginez que vous ayez le pouvoir… »

Pourquoi ?

L’ambition. Si vous n’affichez aucune envie de « pouvoir », le jury pourrait interpréter cela comme un manque d’ambition. Car le pouvoir, comme c’est expliqué ci-dessous, ce n’est pas juste être un tyran, un forcené; c’est surtout avoir les moyens de mettre en oeuvre des idées, des projets, tout simplement; c’est « pouvoir faire », « le pouvoir de ». C’est sur ce terrain là d’ailleurs que vous avez intérêt à aller si le jury engage une discussion sur le pouvoir.

L’humilité, la sociabilité. Quand on exprime une envie de pouvoir, fusse-t-elle légitimée par l’envie de mettre en oeuvre des idées, des projets, il faut prendre en compte la peur que vous pouvez générer chez un jury d’avoir face à lui sinon un tyran, au moins une personne incapable de composer avec les autres, arrogante voire asociale. C’est donc dangereux. Toute expression du pouvoir doit être explicitée et ne pas nuire à votre rapport aux autres et notamment à la communauté (entreprise, école) dans laquelle vous vous trouvez.

Les idées sur la notion

Voici quelques citations et définitions sur le pouvoir. Lisez-les toutes car elles vous donneront un avis sur le sujet; elles représentent un condensé d’idées sur la question. Trouvez celle avec laquelle vous vous sentez le plus en phase. Apprenez-la, connaissez son auteur (il est utile de se renseigner rapidement sur son auteur au delà des quelques indications que je donne) et sachez l’expliciter.

  • Jouer sur les mots

Le mot « pouvoir » renvoie à quelque chose de sulfureux, à la tyrannie et c’est souvent sur ce terrain que le jury veut vous emmener. « Pouvoir », le verbe, a au moins quatre acceptions principales, que l’on peut appliquer parfaitement au substantif, « le pouvoir »; c’est « le pouvoir de ». Vous pouvez donc vous en sortir sur une question sur le pouvoir, vraisemblablement centrée sur son acception en tant que force, tyrannie, en montrant que le pouvoir a des acceptions moins fantasmées, moins centrées sur la force et la gloire que sur l’action.

1. Être capable de ; avoir la faculté de ; être en état de.

Le pouvoir c’est d’abord « le pouvoir de » faire, « de » réaliser. Si la cause est noble, il est légitime d’avoir envie d’être doté des capacités de faire avancer cette cause. « Le pouvoir de » est donc juste un principe d’action, de mise en oeuvre.

2. Avoir la possibilité matérielle de faire quelque chose.

C’est avoir le financement, les hommes, les conditions matérielles pour faire avancer une idée. Là encore, le pouvoir n’a rien de sulfureux ou de tyrannique. Avoir des idées, c’est bien; « pouvoir » les mettre en action, c’est mieux !

3. Avoir la permission de faire quelque chose.

Un pouvoir s’exerce toujours parmi d’autres pouvoirs. Nous vivons dans un Etat de droit et tout n’est pas permis. Ne pas pouvoir est donc parfois juste car la règle de droit ne l’autorise pas. A l’inverse, pouvoir dans un état de droit, indique que vous êtes respectueux des règles. Nous sommes dans l’opposé-même de la conception tyrannique du pouvoir.

4. Exprime une possibilité, un choix, qui s’offre à une personne.

Le pouvoir est une potentialité. Vous pouvez faire comme ne pas faire. Cette potentialité est un outil de liberté, d’indépendance. Là encore, le pouvoir n’a rien de tyrannique, de forcené.

  • Le pouvoir est un vecteur d’action

« Le pouvoir est une action, et le principe électif est la discussion. Il n’y a point de politique possible avec la discussion en permanence », Honoré de Balzac, écrivain français (1799-1850)

  • Le pouvoir est une servitude. On pense avoir le pouvoir, mais on peu en être esclave.

Le latin « posse » est intrinsèquement un verbe composé potis sum « je suis maitre de ». Et pourtant…

« L’homme est insatiable de pouvoir : il est infini dans ses désirs, et toujours mécontent de ce qu’il a », Joseph de Maistre, homme politique, philosophe (1753-1821)

« La possession du pouvoir corrompt le libre jugement de la raison », Emmanuel Kant, philosophe allemand (1724-1804)

« Tout grand pouvoir est périlleux pour un débutant », Epictete, philosophe grec (50-125)

« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser », Montesquieu, penseur politique, écrivain français (1689-1755)

  • Il faut avoir le pouvoir modeste. Le pouvoir n’est pas que force.

« Il est parfois moins admirable d’user de son pouvoir, que de se retenir d’en user », Henry de Montherlant, romancier, essayiste français (1895-1972)

« Le consentement des hommes réunis en société est le fondement du pouvoir. Celui qui ne s’est établi que par la force ne peut subsister que par la force », Denis Diderot, écrivain, philosophe français (1713-1784)

« Au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul », Michel de Montaigne, philosophe et moraliste (1533-1592)

« Tout pouvoir est provisoire ; celui qui l’exerce doit savoir qu’il aura un jour à rendre des comptes », Albert Jacquard, chercheur et essayiste français (1925-2013)

« Celui qui dirige les autres est peut-être puissant, mais celui qui s’est maîtrisé lui-même a encore plus de pouvoir », Lao Tseu, sage chinois (VIe-Ve siècle avant JC)

  • On se lasse du pouvoir. L’absence de pouvoir peut être beaucoup plus jouissive car mobilisatrice.

« Qui peut toujours ce qu’il veut se lasse », Paul Carvel, écrivain et éditeur belge

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