Les mises en situation : explications

Pourquoi ?

Vous, en vrai. Les jurys ont horreur des candidats formatés, qui répètent ce qu’ils ont appris sans qu’il y ait de véritable échange. La mise en situation a le mérite de vous mettre face à une situation inconnue, que vous n’aviez pas vu venir. D’autant plus que les mises en situation sortent souvent de l’imagination immédiate d’un des membres du jury. Donc, difficile de les voir venir, de les imaginer en amont, même s’il en existe de grandes catégories. Retenez donc que le jury veut vous avoir en version authentique.

Une zone d’inconfort. C’est un excellent exercice pour vous mettre mal à l’aise, pour vous voir en situation de stress. Donc pas panique supplémentaire si vous sentez du stress, c’est normal, c’est fait pour et le jury le sait.

L’accès à votre personnalité. Le jury peut vous demander directement vos principales qualités; il peut aussi plus habilement les obtenir en vous mettant en situation. Dans le premier cas, vous direz ce que vous voudrez; dans le deuxième, elles apparaîtront en filigrane selon les décisions que vous prendrez. Comprenez que c’est quand même mieux pour un jury d’observer des qualités au détour d’une question lambda, plutôt que de vous écouter lister vos qualités. Bref, vos réponses en disent long sur vous, ni vu ni connu.

L’analyse et la capacité d’action. Les mises en situation vous mettent face à une décision à prendre. Une décision demande un temps d’analyse; puis une aptitude à décider, à dire oui/non, ou comment vous comptez vous y prendre. Les mises en situation sont des outils parfaits pour mesurer ces deux aptitudes.

Les différentes catégories de mises en situation

Voici les 3 catégories auxquelles vous pouvez vous attendre. La démarche est la même quelle que soit la catégorie et quel que soit le sérieux contenu dans l’énoncé.

  • Les réelles appliquées à votre domaine d’expertise actuel ou à venir

« Imaginez que vous ayez à prendre aujourd’hui une décision d’investissement sur le marché des devises. Que faites-vous ? »

  • Les fictives en rapport direct avec un réel sérieux

« Vous venez d’être élu Président de la République, quelles sont vos trois premières mesures ? »

  • La science fiction

« Votre meilleur ami vient de renverser, en voiture, une petite vieille sur le passage clouté. Il a fui et est poursuivi par la police. Il vous demande de le planquer. Que faites-vous ? »

Comment faire ?

  • A prendre au sérieux absolument !

Ca veut dire deux choses :

  1. Ne croyez pas à une blague quand on vous propose la mise en situation, surtout si elle est farfelue. Vous avez le droit à un « Vous êtes sérieux ? » si vous doutez de la proposition du jury. Mais dans l’ensemble, même les mises en situation les plus farfelues attendent une réponse sérieuse. Trop de candidats ne prennent pas au sérieux la demande du jury. Vous avez, justement sur des mises en situation farfelues, intérêt à vous prendre très au sérieux pour contrer la malice d’un jury qui cherche à vous perturber.
  2. Impliquez-vous pleinement une fois entré dans l’exercice. Adoptez un esprit d’analyse méticuleux, fouillez scrupuleusement le sujet et un esprit rigoureux de démonstration, en structurant parfaitement votre propos.

Prendre au sérieux la situation signifie que vous entrez pleinement dans le personnage. Le jury vous dit « PDG de telle entreprise » ou « Maire d’une ville de 20 000 habitants », vous parlez comme si vous étiez l’un ou l’autre personnage : « En tant que Maire, je décide d’abord de… »; « Je suis PDG de cette entreprise et j’ai mis au coeur de nos valeurs, la responsabilité… ». Si le jury vous propose une mise en situation dans laquelle il est inclus, utilisez le « nous » etc.

  • L’essentiel est le cheminement

Le jury veut vous voir raisonner. Sur cette question, vous devez le faire à voix haute. Il faut que vous vous installiez d’abord dans ce cheminement plutôt que de donner la réponse. Ce cheminement vous permettra non seulement de faire ressortir des pistes intéressantes pour la réponse, mais vous permettra de prendre le temps de réfléchir aux réponses. Retenez que le jury s’intéresse plus à votre façon de traiter le sujet, à votre façon de faire, de cheminer, qu’à la réponse en tant que telle.

  • La réponse doit être  précise et « orientée action »

Le jury vous demande de prendre une décision. Il faut que cette décision soit nette et structurée. Il s’agit d’une décision argumentée. Prenez soin de structurer en 2 ou 3 temps, vous gagnerez en clarté et en force d’argumentation.

Il faut donc bannir :

  • les « minimisateurs » : « peut-être », « j’essaierais de ». On attend une prise de position. Quand bien même elle est contestable. On ne s’attend pas à quelque chose de parfait car votre temps de réflexion aura été très court. Le jury sait très bien que si vous aviez eu plus de temps, vous auriez mieux fait. Mais le temps court ne doit pas vous écarter de la prise de décision pour autant.
  • les décisions qui n’en sont pas :—> « Je réfléchis à comment nous pourrions faire pour… » : ce n’est pas une décision, ça, et encore moins orientée action !

—>  « Je réduis la pauvreté » : ce n’est pas une action; c’est un voeu. Quelle mesure prenez-vous ? Soyez précis !

La démarche à suivre

1. L’explicitation (appropriation) : 1 à 2 minutes

Cette phase est essentielle. Il s’agit de brainstormer à voix haute, d’essayer d’expliciter les termes, de collecter des informations supplémentaires. Bref, de vous approprier pleinement un sujet qui vous tombe dessus sans prévenir et qui peut, en plus, comprendre une dose de farfelu.

Au départ, vous trouvez forcément la question déroutante. Ou alors, si vous ne la trouvez pas déroutante, vous risquez de partir avec plein de certitudes, au moins celle d’avoir compris la question et risquez de passer à côté du sujet. Et surtout de rater une étape essentielle de la mise en situation : justement la mise en situation. Le jury n’attend pas une réponse du tac-au-tac, quand bien même vous auriez déjà la réponse. Cette phase d’appropriation, de découverte, d’interrogation fait partie du jeu. Vous devez comprendre pleinement ce qu’on vous demande et explorer la question de fond en comble. Là, le jury juge vos capacités d’écoute et d’analyse, ce qui vous permet d’élaborer ensuite une réponse solide et pesée.

Vous allez donc raisonner à voix haute et :

  • Rechercher des informations supplémentaires

N’hésitez pas questionner le jury. Soit ce sont des informations qu’il a, soit vous l’amenez à imaginer ces informations. Vous pouvez dire au jury : « Laissez-moi vous poser quelques questions ! »

« Imaginez que l’on est une vingtaine de personnes sur une ile déserte, quelles règles mettez vous en place ? »

« Ces personnes se connaissent-elles avant ? Ont-elles les mêmes opinions ? »

« Ces personnes ont-elles connu la civilisation avant, où sont-ce des hommes « à l’état brut » ? »

« A quel point cette île est-elle déserte ? »

« Les personnes sur l’île ont-elle choisi d’être sur cette île ?

  • Expliciter les notions du sujet qui vous est donné

« Une île déserte signifie qu’il n’y a donc aucune infrastructure. Une île déserte est un lieu qui paraît sympathique mais qui est en fait souvent hostile. La notion de règles suppose qu’il va falloir trouver les moyens de vivre ensemble; mais il ne faut pas oublier que les règles devront porter sur la subsistance en premier lieu. Règles signifie aussi, qu’a priori, sans règles les choses pourraient dégénérer. »

  • Faire des hypothèses

« On peut penser que la nourriture n’est pas directement accessible. »

« On peut partir de l’hypothèse que l’île est isolée et très loin de tout si bien qu’aucune aide extérieure n’est envisageable »

Ces 3 voies d’explicitation peuvent être mixées, vous pouvez commencer par poser des questions au jury; en revanche, les hypothèses seront plutôt dressées à la fin.

2. La réponse, structurée, argumentée et orientée action : 2 minutes

  • Structurée

Structurez votre réponse en points bien distincts. Marquez bien cette structuration à l’oral.

  • Argumentée

Expliquez pourquoi vous prenez cette décision.

Donnez des détails très précis. C’est par ces détails que le jury verra votre investissement plein et entier dans la mise en situation. Exemple ci-dessous : « Je propose un système de gouvernance accepté par une majorité des 3/4, la majorité absolue n’étant sans doute pas suffisante à ce stade. »

  • Orientée action

Vous n’êtes pas là pour énoncer de grands principes généraux, mais bien des décisions qui permettent d’agir dans les minutes qui suivent.

« D’abord, l’île étant déserte et nous, habitants, pas du tout rompus à trouver les moyens de notre existence, je définis comme règle que l’établissement de sources d’approvisionnement pérennes en nourriture est la priorité vers laquelle chacun doit être orienté. Seule cette source pérenne nous permettra de réfléchir à des règles de vivre ensemble ensuite.

Ensuite, je propose un système de gouvernance accepté par une majorité des 3/4, la majorité absolue n’étant sans doute pas suffisante à ce stade. Ce système définit qui détient l’autorité légitime et qui est chargé de la faire appliquer.

Enfin, je propose (puisque vous avez compris que je souhaite qu’il y ait une gouvernance, je ne suis pas despote) un principe de solidarité et fraternité impérative. Cela signifie que quelque soit l’état des relations entre personnes, un principe doit dominer, celui de l’entraide quoiqu’il arrive. »

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