Comment envisager la conclusion

Pourquoi ?

  • De même qu’une introduction est décisive, la conclusion marque tout simplement vos dernières minutes passées avec le jury. Il est hors de question de laisser une mauvaise impression.
  • Vous ne savez jamais précisément quand a lieu la conclusion (n’oubliez pas que le temps vous échappe en entretien). En général, vous êtes surpris lorsque le jury annonce la fin de l’entretien. Résultat : vous êtes pris au dépourvu et bafouillez vos derniers mots. Il est donc fondamental de maîtriser ces derniers instants et d’avoir en tête des réflexes.

Comment ?

L’introduction de la conclusion (vous me suivez ?)

Après 10, 20 ou 45 minutes d’entretien, viendra forcément le moment de la conclusion.

Le jury peut-vous inviter explicitement à conclure :

« Nous avons à notre sens fait le tour de votre candidature. Souhaitez-vous conclure ? »

« Nous savons désormais tout sur vous. Avez-vous quelque chose à ajouter ? »

Le jury peut également refermer l’entretien unilatéralement :

« Merci d’être venu. A bientôt peut-être. »

Dans tous les cas, il est préférable d’avoir quelque chose à dire.

Les différents types de conclusions

La conclusion doit durer au maximum 1 minute, mais elle pourra faire beaucoup moins.

  • Conclusion simple et polie

 « Je vous remercie de m’avoir écouté(e). A bientôt j’espère ! »

« Merci pour cet échange. Et à bientôt, j’espère ! »

Cela peut paraître court mais c’est tout à fait possible. Elle a le mérite d’être nette, percutante, sans surplus. C’est apprécié par le jury.

  • Conclusion synthétique

Elle vous offre plus d’espace, mais attention à ne pas dépasser la minute. Synthétique parce que vous allez faire une synthèse de votre candidature. Attention, dans l’esprit de certains, synthèse signifie quelque chose de « chiant », une redite. Pas du tout : trouvez des mots percutants, ceux qui vont marquer votre positionnement. Si vous optez pour cette version synthétique, mettez-y deux éléments :

  1. Vous. En quelques mots choisis et illustrés par des preuves courtes, percutantes, marquez votre positionnement, ce qui fait aujourd’hui votre force.
  2. Le programme. En quelques mots ce dont vous avez besoin pour avancer, ce qui vous manque et que le programme va combler.

Vous concluez évidemment par une formule de politesse, au moins un « merci ».

 « J’espère vous avoir convaincus d’une part de mon intérêt pour la finance d’entreprise et d’autre part de l’importance de l’ESSEC dans mon projet. En tout cas, ça a été un plaisir d’en parler avec vous. Merci de m’avoir écouté(e). »

  • Conclusion originale

Evidemment une conclusion originale peut faire son effet. Attention toutefois, la prise de risque est plus importante, il faut donc du répondant. Par ailleurs, ne cherchez pas l’originalité à tout prix, surtout celui de la maladresse ou de la lourdeur. Ce genre de conclusion est rare chez les candidats (5 %) et peut se préparer à l’avance, mais doit s’insérer logiquement dans l’entretien et faire écho au jury (voir les exemples ci-dessous). Si vous hésitez, préférez une conclusion « simple et polie » ou synthétique. Il y a plusieurs vecteurs d’originalité, en voici quelques exemples :

  • L’exclamation

 « Vive l’Europe ! » : conclusion d’un candidat ayant introduit un projet profondément inscrit dans l’Europe et ayant manifesté une véritable conviction européenne.

« Le slogan de l’école est « Apprendre à oser ! ». A vous d’oser maintenant ! ». Mathilde, étudiante aux Beaux-Arts, concours d’admission directe à HEC, 2019. Elle défendait un projet ambitieux dans le domaine des arts, mais un projet marginal pour un jury d’HEC.

  • La métaphore

« Je suis un numéro 10 : attaquant et créatif » : conclusion d’un candidat avec un projet de création d’entreprise et ayant discuté de sa passion pour le football avec le jury au cours de l’entretien.

« Je suis un batteur : celui qu’on ne voit pas mais qu’on entend. Merci de m’avoir écouté. Au revoir ! » Renau, étudiant en Droit à Paris II-Assas, concours d’admission sur titre ESSEC, 2015. Il avançait un projet dans la publicité. Il était discret, sans doute trop car le jury le trouvait en retrait au point de douter de ses capacités d’action.

  • La citation

«Albert Dupontel disait lors d’une interview en 2006: « Le but ce n’est pas de faire du cinéma, mais son cinéma ». Eh bien, je souscris totalement à cette idée. Et je pense que l’école va clairement me permettre d’y parvenir à la fois par la réflexion qu’elle va me permettre de poursuivre sur notre société et par une meilleure connaissance d’un secteur économique que je connais encore mal. J’ai très envie de faire donc partie de la prochaine promotion de Sciences Po. »

  • La révélation

Vous avez gardé dans votre manche une carte importante : un point de votre CV, une expérience hors CV, quelque chose de suffisamment marquant, qui va finir de mettre en cohérence votre personnalité ou au contraire qui va rompre avec l’image que vous avez laissée jusqu’à présent. Donc attention à la nature de la « révélation » : trop légère, elle peut faire pschitt ; trop lourde, elle peut perturber le jury.

« Depuis l’âge de 5 ans, je pratique la magie. Je suis spécialiste du close-up. Je me suis produit beaucoup entre mes 10 et mes 15 ans, lors de mariages, de cérémonies ou de spectacles. Je pratique toujours beaucoup la magie qui a toujours été pour moi un facilitateur dans la vie par le contact qu’elle permet de nouer. La magie m’a souvent permis d’impressionner les gens ; aujourd’hui, je n’ai pas usé de la magie ; mon but n’était pas de vous impressionner ; mais bien de vous convaincre. Et j’espère vous avoir convaincu de mon projet et de la place que prend ce programme dans sa réalisation. Merci pour votre attention et à bientôt j’espère. »

  • Le story-telling

L’anecdote en fin d’entretien peut faire son effet. A manipuler avec prudence car le story-telling peut faire très comédie préparée… or, le jury vous attend toujours sur un terrain honnête et spontané.

« Je vais vous dire quelque chose que je n’ai dit à personne. Vous savez que je passe ce concours pour la 4e fois. Ayant échoué le concours en 2007, le 9 août de cette même année je me suis rendu à Jérusalem et j’ai glissé un papier dans le mur des lamentations. J’y ai inscrit : « Je veux intégrer l’ESSEC !». Je n’ai pas été admissible en 2008. Mais je le suis en 2009. Alors, la première chose que j’ai faite, c’est de remercier Dieu. Maintenant, j’aimerais que soyez les prochaines personnes que je vais remercier. Au revoir ! » David, étudiant en classe préparatoire (CPGE), concours d’entrée en première année de l’ESSEC, 2009. Il passait le concours pour la 4e fois et cette confidence était justifiée par ces circonstances exceptionnelles.

  • La conclusion peut également être le moment d’ajouter un dernier point, que vous n’auriez pas eu l’occasion d’évoquer plus tôt. Dans tous les cas, cela doit être bref (30 secondes) à partir du moment où le jury introduit l’idée de conclusion. Il n’est plus temps de développer.

« Avant de conclure, j’aimerais vous dire deux mots de mon engagement depuis 2 ans dans une association d’aide scolaire, que j’ai fondée. J’ai rassemblé 25 élèves et engagé 4 étudiants à mes côtés. J’ai obtenu un financement de 2500 euros de la part de la mairie qui nous a fourni par ailleurs un local à proximité de l’école. Avec cet engagement, j’ai ainsi contribué à prendre en charge 50 enfants depuis deux ans, auxquels l’association consacre en moyenne 4 heures par semaine (pour chaque enfant). C’est un investissement complet pour moi : je recrute, je manage, je forme.; mais aussi l’opportunité d’acquérir une vraie responsabilité. Et je suis enfin fier d’avoir aidé des enfants en difficulté scolaire. Pour conclure… »

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