Trouver quelque chose de consistant à dire sur les petits boulots

Vous savez désormais que les « petits boulots » ont de la valeur aux yeux du jury. Mais cela ne vous aide pourtant pas pour autant à trouver des choses intéressantes à dire. En effet, les petits boulots ont souvent la particularité d’être pauvres en contenu, très opérationnels. Vous pouvez toutefois étoffer votre propos grâce aux idées suivantes :

  • Montrer que vous avez été force de proposition

Dans une expérience, aussi opérationnelle soit-elle, vous pouvez montrer que vous avez fait preuve d’intelligence. Même la plus petite des actions, des taches peut être questionnée, améliorée. Vous pouvez l’avoir fait à votre niveau personnel ou avoir essayé d’agir pour l’entreprise de façon globale ou pour le service dans lequel vous agissiez.

« Avant de débuter ma deuxième année de licence, j’ai décidé de mettre à profit mon mois de septembre. J’ai finalement accepté un poste de serveuse. Cependant, ce job était différent de celui que l’on nomme habituellement « serveuse ». En effet, la société pour laquelle j’ai travaillé, Lecointre Paris, venait de naître et proposait de participer à son lancement commercial. Il s’agissait d’adapter le street-vending new-yorkais –vente de hot dogs dans les lieux passants- et de le transformer en street food à la française. Son cœur de cible : les personnes se rendant au travail le matin. Cette idée vient d’un jeune étudiant de 20 ans qui, après l’interdiction de fumer au bureau, a réagi en comprenant que l’espace public est dorénavant l’espace principal de détente. Nous étions donc situés à  La défense, six jeunes étudiantes, deux managers et les deux associés. J’ai pris mes fonctions derrière un stand équipé de trois thermos remplis d’eau chaude, de chocolat chaud et de café, postée de 7H à 13H30.

Parce qu’il s’agissait d’une nouvelle entreprise, nous avons fait face à plusieurs problèmes. Le premier était un manque de visibilité. Peu de communication avait été faite auparavant. Nos prospects étaient pressés et plus habitués à être envahis par des spots publicitaires ou happés par des hôtesses leur distribuant gratuitement des échantillons. Il fallait donc être d’autant plus convaincant. Une fois que les gens s’arrêtaient, je devais, en un temps plutôt bref, leur présenter la nouvelle société, le concept et leur donner envie d’acheter une boisson et surtout de revenir et d’en parler à leurs collègues. Les clients avaient des habitudes, comme prendre leur café dans des enseignes de distribution rapide connues ou dans d’autres lieux possédant une identité visuelle ou olfactive forte. Je devais les convaincre de la différence et des avantages de Lecointre Paris.

Le second problème portait sur l’organisation. Premièrement, l’emplacement des chariots, certains situés à des endroits peu passants ou trop près d’une concurrence, Starbucks ou Mc Café. Deuxièmement, les journées n’étaient pas très bien délimitées, horaires de départ et d’arrivée, les pauses. Troisièmement est apparu un problème d’adéquation des prix, certains produits étant trop chers, d’autres pas assez. C’est à ce moment que j’ai usé de ma force de proposition. Au cours de plusieurs rendez-vous avec le créateur de la société, j’ai 1. soumis à ce dernier plusieurs idées d’emplacements ; j’ai aussi pris l’initiative, seule, de déplacer mon chariot de manière à ce qu’il ne soit pas une partie de décor que les clients longent mais venant à la rencontre des flux de personnes, frontalement ; après avoir observé les afflux de clients,  soumis au fondateur des horaires plus adaptés ; enfin, transmis à M. Lecointre les remarques des clients. Cela a permis de réduire le prix de l’expresso de 1,80 à 1,50 euros, de créer des menus et de proposer d’autres produits comme des croissants et pains au chocolat. Et pour souligner l’efficacité de cette dernière proposition, un jour, je suis venue avec quelques croissants, en accord avec la direction, pour voir s’ils se vendaient facilement et si cela attirait les passants. Le résultat s’est avéré positif.

Cette expérience auprès d’un jeune entrepreneur dynamique, plein d’idées et disposé à m’écouter, m’a fait mûrir. »

Attention, vous devez garder mesure et ne pas faire enfler votre prise de responsabilité juste pour vous donner de l’importance. Cela pourrait vite passer pour artificiel.

  • Montrez que vous avez été un employé « éclairé »

Vous pensez souvent à ne parler que de ce que vous avez fait. Mais ce que vous avez vu, observé, pensé, est une vraie mine d’or.

  • Les relations de travail, les types de management

 « J’ai travaillé durant 3 mois au sein d’un Mc Donald’s, à Strasbourg. Mon poste était celui de co-équipier, grade classique d’embauche dans l’entreprise […]. Le travail m’avait été annoncé comme pénible et il l’a été : du fait des horaires, des périodes de rush, de l’exigence d’une clientèle pressée et du management. Et si le travail a été dur, il m’a aussi mis permis d’exercer un regard quasi-sociologique et psychologique sur le type de management d’un entreprise comme Mc Donald’s. Le management était clairement directif. Au début, je l’ai plutôt mal vécu : ce n’est pas simple de s’entendre dire que l’on n’est pas assez rapide, que l’on doit passer au nettoyage des surfaces ou qu’il faut aller nettoyer les toilettes. Et surtout je trouvais ce type de management inhumain et se fondant sur un rapport de maître à obéissant. Et ces 3 mois m’ont aidé à comprendre que ce type de management n’est pas là totalement par hasard. Certes oui je pense que l’on pourrait avoir un management de meilleure qualité, moins autoritaire. Mais j’ai compris aussi que ce management était le résultat d’un fort turn-over qui existe dans ces métiers, de la nature de l’activité, du faible niveau de compétence des employés… tout cela fait qu’il est très difficile de compter sur l’autonomie, la responsabilité des salariés. » 

  • Le modèle économique de l’entreprise ou les enjeux du secteur

« J’ai travaillé pendant 2 ans pour le quotidien Métro, que je distribuais chaque matin pendant 2 heures […]. Si le travail en soi n’avait rien de passionnant, il a été très intéressant par le regard qu’il m’a fait porter sur le secteur de la presse. En l’espace de 2 ans, j’ai vraiment pu observer des changements de comportement des gens. En 2 ans, j’ai vu passer mon nombre de journaux distribués diminuer de 30 %. La possession grandissante de smartphones rend la presse papier presque inutile… » 

  • Les pratiques des consommateurs, l’application ou non des théories apprises

« J’ai travaillé en tant que caissier pendant 2 mois dans un Monoprix du 6e arrondissement de Paris. Cette expérience de travail, plutôt laborieux, dans des conditions pas toujours faciles a néanmoins été intéressante pour une raison : pour peu qu’on soit observateur, le poste de caissier est un poste privilégié pour quelqu’un qui, comme moi, s’intéresse au marketing. En effet, toute la journée durant, pendant 7 heures, je voyais défiler clients et produits. J’ai même fait le calcul. En 7 heures, je voyais en moyenne 109 clients et un bon millier de produits. C’est un poste unique pour observer au moins deux choses. D’abord les produits, leurs packagings, les slogans, les différences entre les marques, les produits. Par exemple, je me rappelle m’être particulièrement intéressé aux lessives. J’avais toujours entendu dire que les lessives étaient des produits indifférenciés et donc que le marketing devait être élaboré pour faire des positionnements. Et effectivement, par les couleurs, les slogans, les prix, je me suis amusé (je ne dis pas que je me suis toujours amusé dans ce travail, mais l’amusement était bien présent) à essayer de comprendre les stratégies de chacun. Ensuite, ce qui était tout aussi intéressant était de comprendre pourquoi telle personne achetait tel ou tel produit. Il m’arrivait de dire bonjour au client sans vraiment l’identifier et d’essayer de l’imaginer en scannant ses produits : il prenait du saumon bio, des yaourts La Crémière, de la crème allégée… alors j’imaginais une femme plutôt CSP +. A l’inverse, en voyant le client, j’essayais d’imaginer en une fraction de secondes les types et catégories de produits qui étaient dans le chariot. Donc cette expérience a été au final d’une richesse insoupçonnée au départ. »

Exemple : un travail de vendeur dans une boutique de chocolats haut de gamme pendant 2 ans peut vous avoir sensibilisé :

  • au secteur de l’alimentaire ou du luxe;
  • à la fonction commerciale ou marketing;
  • à certains concepts du monde de l’entreprise. Vous y avez appris ce qu’était une marge brute et une marge nette, un panier moyen, la notion de rentabilité de la surface commerciale;
  • à vos qualités.

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