Le redoublement/les mauvais résultats

Pourquoi ?

  • Un mauvais élément académique. Le critère académique est un critère d’évaluation. Plus vous montez dans la hiérarchie des programmes et plus on est attentif à ce critère. Il atteste d’un certain niveau de connaissance et d’intelligence.
  • Un trublion. Un « bon « élève » est aussi quelqu’un qui obéit, qui apprend comme on lui dit. Par opposition, un mauvais élève n’écoute pas, se rebelle, n’est pas présent. Ce qui effraie le jury n’est donc pas seulement du côté de l’académique mais aussi de l’attitude. Vous trouvez cela exagéré ? N’oubliez pas que l’entretien n’est qu’une interprétation de signaux ; le jury se fait une idée, extrapole. Il détecte un risque que vous ne soyez pas impliqué dans le programme auquel vous postulez.
  • La solidarité professorale. Les notes ont un sens pour les membres de jury sans doute parce qu’ils sont souvent des professeurs. Inutile de vous débattre en expliquant que la notation était injuste, que le professeur n’était pas d’un bon niveau ou je ne sais qu’elle autre excuse remettant en cause le corps professoral. Un soupçon de légitimité pèse sur lui.

Comment ?

Relativisez

Il y a de quoi :

  • Le critère académique est secondaire. Si vous êtes arrivé à l’oral, c’est que votre dossier ne pose pas un problème fondamental au jury. Les entretiens où le jury découvre votre dossier sont rares. Un certain nombre de formations font du critère académique un élément secondaire ou en tout en cas un élément parmi d’autres. Et plus le programme a une visée professionnelle, moins l’académique compte.
  • Le dossier scolaire peut poser un problème, même si vous êtes convié à l’oral mais le jury a décidé qu’il était prêt à passer par-delà. Il va attacher de l’importance à d’autres critères. Il faudra sans doute être meilleur que les autres sur le critère.
  • Que celui qui n’a pas fait d’erreur de parcours dans sa vie jette la première pierre !

Ne vous repentez pas !

  • Ne tombez pas dans la confesse, en vous excusant de vos résultats. L’attitude est assez classique : vous baissez les yeux, vous vous repliez au fond de la chaise, votre voix est tremblotante. Il y a des sujets plus agréables à aborder, certes. Vous allez plutôt donner une explication objective de « ce qui s’est passé », inscrivez-vous dans une posture normale, dans la continuité de l’entretien.
  • Faites simple ! N’entrez pas dans la complexité de votre parcours devant le jury ! Dans la logique de repentance, la tentation est forte de vouloir tout expliquer, d’en faire des tonnes. Le jury n’a pas envie de cela, allez à l’essentiel.

NON : « Alors, je vais vous expliquer. Il y a plusieurs raisons. La première année j’avais validé tous mes cours sauf deux. Pourtant j’avais une moyenne globale supérieure à 10 ce qui est normalement suffisant. Mais cette année-là, le règlement a changé et nous nous sommes retrouvés plusieurs dans cette situation. La deuxième année, j’ai été malade une semaine avant les examens, alors du coup je n’ai pu me rendre à 4 épreuves. Je les ai rattrapées en juin mais… »

  • Ne prenez pas les devants. Certains candidats jugent bon d’entrer en repentance sans même que le jury ne les sollicite. Certains même entament un suicide dès l’introduction : ils éprouvent le besoin d’étaler la médiocrité de leur parcours… Pitié, si le jury ne vient pas sur le terrain, n’y allez pas vous-même ! Il n’y a pas lieu d’avoir honte de ses résultats, certes ; mais pas de quoi les étaler non plus.

Exemple : « [en introduction] Bon, mes résultats, comme vous pouvez le voir, n’ont pas été très bons les deux premières années, en raison de problèmes personnels ; j’ai eu juste la moyenne… »

Mais justifiez-vous !

Ne niez pas non plus, à l’inverse, une faiblesse pointée par le jury. Soyez donc clair, net, précis. Enoncez objectivement les raisons de votre échec, simplement, sans complications, en un temps bref.

Ce qui passe

    • Manque d’intérêt pour la discipline, manque de motivation pour votre parcours. Si vous avez rencontré un manque de motivation pendant un laps de temps, signalez-le au jury, en tâchant toujours de le mettre en perspective avec votre candidature actuelle. Vous avez choisi le droit, mais l’intérêt pour la discipline n’est vraiment jamais venu par exemple.

Exemple : « Le droit a été un très bon enseignement, très formateur mais dans lequel je n’ai jamais pris de plaisir. Ces résultats sont ceux d’un étudiant assidu mais non passionné. » 

    • Une difficulté académique. Il se peut que vous ayez trouvé cette année difficile au global ou sur une matière spécifique qui vous a fait échouer. Votre honnêteté sera appréciée. A une nuance près : si vous êtes issu d’une formation partagée par d’autres candidats et que ces derniers n’ont a priori pas eu de problème : le jury aura du mal à comprendre qu’il y ait pu avoir une telle difficulté. Cela fonctionne surtout pour les formations peu communes.

Exemple : « Une matière m’a donné beaucoup de fil à retordre : les mathématiques. Elles sont très présentes dans cette formation et ne m’ont pas permis de valider ma première année. Ce n’est pas un manque de travail mais une vraie difficulté avec la matière. »

    • La maladie ou des problèmes personnels. S’ils sont évoqués sans ambiguïté et explicités, alors ils sont recevables.
    • Une activité, un engagement par ailleurs. Quelle que soit cette activité, professionnelle ou extra-universitaire, si elle vous a pris beaucoup de temps, mesurable, alors c’est un argument important. Il doit seulement être consistant. Assumez pleinement cet engagement, ne le laissez pas à l’état d’excuse. Montrez que vous avez fait le choix de privilégier cet engagement.

Exemple : « Mes études ont été très fortement impactées par mon engagement associatif. Je m’en suis rendu compte trop tard cette première année. La gestion de 50 membres, d’un budget de 50 000 euros et l’organisation de deux événements majeurs m’ont pris du temps mais surtout j’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai donc fait un choix délibéré, celui de privilégier cet engagement. »

    • La glande. Cela vous surprend sans doute que cet argument soit placé là. Evidemment vous prendrez soin de ne pas utiliser ce terme, qui est entre nous. Le jury appréciera l’honnêteté du candidat qui dit qu’il a eu besoin de prendre du recul, qu’il a eu un moment de flottement.

Exemple : « Cette année m’a échappé. Je n’ai pas travaillé et ai tout simplement profité de la vie. Rien de plus. »

    • L’erreur. Vous vous êtes laissé emporter par une vie sociale dense ; vous avez pris du bon temps. Cela s’assume. Mais cela peut ne pas passer : certains jurys l’entendront ; d’autres pas. Si vous ne voulez pas prendre de risque, voyez la partie « Compensez ».

Ce qui ne passe pas

    • « J’ai changé, je ne suis plus le même ». Sous-entendu, avant j’étais comme ça, plus maintenant ; avant j’étais un type pas bien, maintenant j’ai enfin compris. Vous aurez du mal à gommer la continuité qu’il y a dans la vie de tout individu. Assumez vos erreurs, tout ce qui vous a fait échouer ; entrez pleinement dedans, ne les écartez pas d’un revers de main sous le mauvais prétexte que c’est une parenthèse.
    • L’injustice. Vous avez eu un professeur très vache, le système de notation vous a défavorisé… Inutile d’aller dans ce registre, solidarité professorale oblige !
    • Les problèmes personnels ou de santé. « J’ai eu des problèmes personnels », « J’ai eu des soucis de santé ». Le propos est trop simple, trop lapidaire pour être entendu par le jury. Il va falloir expliciter ces problèmes sinon vous serez taxé de vouloir amadouer le jury.
    • Un travail non terminé. Assez fréquemment un travail de recherche est à l’origine du redoublement parce qu’il n’a pas été terminé à temps. L’excuse n’est pas franchement recevable, sauf si vos recherches ont pris une tournure plus dense par exemple.
    • Les sorties. Je vous l’ai dit plus haut, ça passe ou ça casse. On valorise votre honnêteté ou pas. C’est un risque.

Compensez !

Lorsque l’on s’est peu investi peu dans ses études, idéalement il faut être capable de prouver que l’on s’est adonné à autre chose (sachant qu’il vous est possible d’assumer de n’avoir rien fait comme spécifié ci-dessus).

Dit autrement, vous n’aurez aucun problème avec un jury s’il voit que votre énergie s’est reportée sur autre chose. Mais attention, cet autre chose doit

  • être suffisamment consistant pour justifier un mauvais dossier académique.

NON : membre lambda d’une association, un petit boulot de 8 heures par semaine, une activité sportive vous prenant 5 heures par semaine.

OUI : fondateur d’une association qui vous prenait plus de 20 heures par semaine, un travail supérieur à un mi-temps, une activité sportive vous prenant plus de 15 heures par semaine + les déplacements.

  • être rendu suffisamment consistant pour justifier un mauvais dossier académique. Si ce que vous avez fait ne l’est pas assez, il va falloir faire preuve d’un peu d’imagination et d’abstraction. Si vous n’y parvenez pas, mieux vaut retourner à la case « glande » : il est plus honnête de dire que vous n’avez rien fait plutôt que de vouloir faire porter le chapeau à une activité ou un engagement qui sera jugé bien faible par le jury ; en tout cas trop faible pour expliquer de pareils résultats.

Rebondissez !

Quoi que vous répondiez à une question sur vos résultats scolaires, rebondissez sur un sujet qui vous est plus favorable.

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