« Poste passionnant et mal payé ou bien payé et ennuyeux ? »

Le jury vous enferme dans un choix somme toute assez classique : l’argent ou la passion/l’intérêt. Il faut éviter de choisir. Les deux ont de la valeur.

Première solution, somme toute assez facile : associer les deux plutôt que de les dissocier. A vous de montrer que c’est parfaitement envisageable dans les métiers que vous visez. Vous montrez de l’ambition.

« Pourquoi voulez-vous que je dissocie, que je fasse un choix ? Les métiers que je vise sont à la fois rémunérateurs et passionnants, sinon je ne m’y engagerais pas. »

Attention, il faut que cela soit crédible dans l’ensemble de métiers que vous visez. Ambitieux mais lucide.

Deuxième solution, vous faites porter la dissociation sur le court terme et le long terme. Effectivement, il existe un grand nombre de métiers passionnants mais qui, justement parce qu’ils suscitent l’intérêt d’un grand nombre de personnes, offrent des rémunérations moindres (les métiers de la culture par exemple). Ayez-en conscience si vous êtes dans ce cas. Montrez par exemple que dans ces métiers, c’est la passion, l’implication qui va générer la rémunération. On ne choisit pas l’un ou l’autre. On doit y mettre un engament fort, de la passion, pour aboutir à une bonne rémunération.

Cette solution doit être envisagée si vous avancez des métiers peu rémunérateurs.

Cela peut aller jusqu’au cynisme, qui est le stade ultime de la lucidité. Vous marquerez le jury par cette lucidité.

«  A court terme, je crains de n’avoir pas ce choix à faire : le métier est ni rémunérateur ni passionnant. A moyen/long terme, c’est une autre histoire. »

Troisième solution, plus philosophique. La passion n’est pas vraiment dans l’activité en elle-même. Elle est dans le projet, dans le cheminement. Vous savez très bien que vous allez passer par des moments difficiles. Mais ce qui est passionnant, c’est la construction de, c’est l’élaboration de.

« Le métier de journaliste n’est pas passionnant dans ses premiers temps, si on s’arrête aux tâches. Mais la passion n’est pas une fulgurance, un sentiment de court terme. C’est une histoire et une histoire se construit, s’enrichit, pas forcément pas des choses a priori passionnantes. L’apprentissage, qui ne passe pas que par des moments passionnants, est passionnant. »

Quatrième solution. Substituer de nouveaux termes. La passion est un mot fort. C’est un supplément à l’intérêt que l’on peut porter à un métier mais il n’y a pas de promesse. La passion ne se décrète pas, elle peut durer qu’un temps, elle est le résultat de facteurs qui peuvent changer. La rémunération non.

« Je ne suis pas sûr de vouloir bâtir mon choix professionnel sur la passion. L’intérêt me semble plus juste. Et le spectre des activités intéressantes dans mon domaine ne manque pas. Et est tout à fait conciliable avec une bonne rémunération. »

L’argent. Vous pouvez dire à un jury que vous ne recherchez pas l’argent… mais pour ne pas que vous apparaissiez naïf, le jury devra sentir que vous substituez une autre notion du même acabit. Par exemple, certain métiers peuvent offrir de la notoriété ou du moins de la reconnaissance (au minimum de la profession).

« Quant à l’argent, je n’ai rien contre mais j’y préfère largement la reconnaissance, la notoriété que je pourrais obtenir dans l’exercice de mes fonctions. Certains dossiers peuvent permettre à un avocat d’affaires de gagner une grande reconnaissance. Je ne suis pas insensible à cela. Il est probable que l’argent suive. »

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